Pratiquant d’eau vive, si les rouleaux ne te font plus peur depuis longtemps, si tu sais jouer dans un rappel en ayant auparavant balancé ta pagaie, si drossages sur un tronc, siphons vicieux et autres pièges du même style te semblent plaisanterie de bas étage, et que les seules sensations désormais envisageables pour te faire grimper l’adrénaline seraient de te lancer en squirt boat sur le Zambèze en crue, peut-être une pincée d’angoisse te noue-t-elle les tripes à l’approche d’un planiol...

Plus de seuil encombré, plus de marmite de géant, plus aucun des pièges que réserve habituellement le génie de l’Eau-Blanche aussi loin que peut porter le regard. Un courant lisse de cl 0,5 te porte pépère entre les berges boisées. Une vague appréhension t’empêche de sereinement apprécier la balade.

Et soudain : le drame !

Un sillage coupe le courant juste devant ton bateau. Une tête dressés au-dessus de l’eau qui fait périscope. Derrière, un long corps filiforme qui ondoie : un monstre diabolique... un dragon méphistophélique... une couleuvre.

Par Tchernobyl, que faire ?!?

Se mettre en chandelle pour mettre le plus de distance possible entre l’eau et le bateau ? Gare au soleil. Dans la précipitation, on perdrait à moins toutes ses notions d’esquimautage. On envisage rapidement l’éventualité d’une tyrolienne avec sa corde de sécu, sur laquelle on pourrait se hisser, bateau compris...

 

 

Natrix Natrix (Couleuvre à collier)

Pas sociable la couleuvre à collier ???

Peace and pagaie.

Les couleuvres à collier (Natrix natrix) et les couleuvres vipérines (Natrix Maura) se baladent souvent sur ou sous l’eau. Ce sont deux couleuvres semi-aquatiques. Ces deux variétés de serpents sont incapables de causer le moindre mal à un humain. La fuite est leur moyen de défense favori. Coincés, ils excrètent un liquide nauséabond au niveau de leurs glandes anales, dans le plus pur style putois.

La couleuvre à collier a même développé un ingénieux système : se sentant en danger, elle se retourne sur le dos, ouvre la gueule, parvient à faire couler quelques gouttes de sang en excrétant l’infect produit de ses glandes. Le prédateur basic, tel renard, chien, chat, s’éloigne de ce cadavre si bien imité par l’odeur et la posture. Quelques secondes seulement après que le danger soit passé, le serpent disparaît, trop content de s’en sortir à si bon compte.

Sa tête comporte de larges écailles lisses, et, comme toutes les couleuvres, une pupille ronde. A l’arrière de sa tête, un collier jaune bordé de noir, plus ou moins net suivant l’âge. Les écailles de son dos sont brunes, gris verdâtre ou bleuâtre, suivant la nature du sol sur lequel elle vit. Sr les flancs, des lignes verticales courtes et sombres. On peut également la rencontrer sur les berges , dans les hautes herbes, dans les pierrailles, les dunes littorales, sur le bord des routes où elle est souvent victimes des autos. On la rencontre jusqu’à 2500m d’altitude.

C’est un serpent très sociable, et il m’est arrivé d’en embarquer occasionnellement en randonnée kayak, la proclamant mascotte de l’expédition. Les enfants s’en occupaient à tour de rôle, lui apportant des têtards dans le canoë où elle avait élu domicile. Ce serpent s’habitue très vite à l’humain, se loge au creux des mains et s’y endort parfois. Il va sans dire que ces involontaires mascottes d’une rando étaient relâchées à l’endroit exact où elles avaient été capturées, lors de la navette de retour.


La couleuvre vipérine est un serpent qu’on rencontre très souvent lovée au fond de l’eau. Elle y guette les petits poissons qui sont ses principales proies. Elle a une prédilection pour les poissons malades ou faibles, et contribue ainsi à l’élimination des sujets porteurs de germes, protégeant ainsi la population aquatique.

Brun verdâtre, rougeâtre, parfois mêlé de jaune. De 15 cms à 1 mètre. Elle a une tête triangulaire au bout arrondi, une queue courte. Une grande ressemblance avec la vipère aspic, d’où son nom commun de «couleuvre vipérine». Mais les pupilles rondes et les larges écailles de la tête la différencient sans aucune erreur possible pour ceux qui voudraient se donner la peine de l’observer avant de commettre l’irrémédiable.

C’est un serpent qui n’a d’autre moyen de se défendre que l’excrétion du produit nauséabond de ses glandes anales, et sa ressemblance avec la vipère, de par sa couleur.Aculée, elle lève la tête, gonfle le cou et siffle. Très impressionnant mais sans aucun danger. Elle ne mord JAMAIS, et quand elle frappe, c’est la gueule close.

Sur le Haut Allier, il y a quelques années, une célèbre entreprise de raft employait un héroïque moniteur spécialisé dans l’ornement de son bateau avec les cadavres de couleuvres vipérines tuées à coups de pagaie. Outre que les brevets fédéraux ou le brevet d’état font mention d’un devoir de respect pour les habitants de l’environnement dans lequel on évolue, le massacre d’un serpent peut amener au tribunal et requérir forte amende.

On peut également rencontrer un grand serpent, nageant allègrement dans notre élément commun. Une longue tête lisse, un corps effilé de couleur vert-olive- brun, assez luisant, parfois ornés de pointillés blancs sur les flancs. C’est une couleuvre d’esculape (élaphe longissima). Cette couleuvre aime à se tenir dans les sous-bois, grimpe volontiers aux arbres. Si on essaye de le capturer, ce serpent mordra. Morsure douloureuse mais sans danger. Elle se lasse cependant vite de mordre quand elle voit que cela ne produit aucun effet. Résignée, elle se laisse soigner et s’habitue très bien à la compagnie.

Couleuvre verte et jaune (coluber viridiflavus) : un des serpents le plus répandus en france et en Europe. C’est l’une de nos plus longues couleuvres. On mesure régulièrement 1m20-1m30 pour ces serpents. Tête allongée aux pupilles rondes, larges écailles noires et jaunes sur le crâne. Le corps est parcouru sur toute sa longueur de bandes parallèles en pointillés jaunes sur fond noir, et sur les flancs, d’un damier jaune et noir, style kevlar-carbone.

C’est un serpent qui se défendra farouchement en mordant si on l’attrape. Pour dissuader les importuns, il se dresse très haut et souffle violemment. On le trouve souvent dans les rocailles, les fossés, les bois, les endroits chauds, secs et broussailleux

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Coluber Viridiflavus

Les couleuvres mordent pour se défendre. Elles sont sans danger (hormis la couleuvre de Montpellier, opistoglyphe -crochets à venin situés très en arrière de la mâchoire-). Les seules conséquences d’une morsure de couleuvre seront des égratignures qu’il faudra désinfecter.

Les serpents n’attaquent jamais s’il n’y a pas de raison logique. Vous admettrez que leur poser le pied dessus durant leur sommeil n’est pas considéré comme une raison logique... De même, un serpent supris et empêché de fuir tente de bluffer l’importun en sifflant ou en se dressant, comme un chat qui fait le gros dos et crache. Si vous faites demi-tour, il n’en sera que plus rassuré. Si vous ne tenez pas compte de ses avertissements, il se défendra avec la seule arme en sa possession : ses dents.

On n’a que très peu de chance de rencontrer une vipère dans l’eau. Une vipère aime les lieux secs et arides, les rocailles, les lisières de forêt, les friches, les chaos rocheux, les clairières. Si vous êtes obligés de vous aventurer dans des endroits au sol peu visible, frappez le sol de vos talons. Les vibrations du sol feront fuir tous les serpents sans exception. Sur les sols de roche, regarder où l’on met les pieds évite bien des désagréments.

Une vipère, qu’elle que soit l’espèce, est courte (moyenne de 50 à 70 cms). Pensez que les couleuvres ne naissent pas à partir d’1m50 ! Donc, tous les petits serpents ne sont pas forcément des vipères... Les vipères sont en général trapues, et la queue se différencie du corps par une étroitesse. Les écailles de la tête sont petites, et les pupilles fendues comme celles des chats. Le dos est parcouru de chevrons en zigzag plus sombres. Elles sont en général peu rapides et préfèrent la fuite. Elles n’attaquent que si elles y sont vraiment obligées ou surprises par une approche discrète.

 

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